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Ça roule avec Christel Ferrier

Transmettre la passion du vélo, du haut niveau à la relève

Originaire du sud de la France, Christel Ferrier est coordonnatrice des programmes route et piste au Centre National de Cyclisme de Bromont, où elle agit également comme entraîneuse auprès des athlètes. Ancienne athlète de haut niveau ayant notamment participé aux Jeux olympiques de Pékin, elle cumule une riche expérience dans plusieurs disciplines, dont le cyclo-cross, la route et le vélo de montagne. Aujourd’hui, elle met son expertise et sa passion au service du développement des jeunes et de la communauté cycliste du CNCB. Dans cette entrevue, elle revient sur son parcours, partage sa vision de l’entraînement et explique ce qui rend le Centre National unique à ses yeux

Son parcours et sa passion du vélo

1) Peux-tu te présenter en quelques mots?

Je suis Christel, je suis coordonnatrice des programmes routes et pistes au CNCB. Je suis aussi entraîneur dans les différentes discipline routes, vélo de montagne, piste, cyclo-cross, enduro, donc pas mal de disciplines. Je viens du sud de la France, ça fait 9 ans que je travaille au Centre National, puis j’ai la double nationalité française – canadienne. Je suis Christel, coordonnatrice des programmes route et piste au CNCB. Je suis aussi entraîneure dans différentes disciplines : route, vélo de montagne, piste, cyclo-cross et enduro. Je viens du sud de la France, ça fait maintenant 9 ans que je travaille au Centre National, et j’ai la double nationalité française et canadienne.

2) C’est quoi ton histoire avec le vélo? Comment tu es tombé dedans?

Ça a commencé assez tardivement parce que j’avais 16-17 ans. Mon père était dans un club de randonnée de mon village, j’ai voulu essayer et ça m’a plu. De suite, je me suis tournée vers la compétition, j’ai progressé de plus en plus pour atteindre l’équipe de France et aller chercher des courses nationales et internationales. 3) Qu’est-ce qui t’inspire dans ton rôle d’entraîneur? Depuis que je suis jeune, j’ai toujours eu envie de transmettre cette passion du sport en général, mais là plus précisément le vélo. J’ai toute une expérience dans différentes disciplines à haut niveau, que ce soit le cyclo-cross, la route ou le vélo de montagne. Donc c’est vraiment d’apprendre à des plus jeunes d’aimer le vélo, mais aussi d’aider des athlètes à performer. C’est ça qui est très enrichissant, c’est qu’on peut toucher différentes personnes de tous niveaux.

L’entraînement et l’expérience au CNCB

4) Qu’est-ce que tu trouves unique au CNCB?

Ce qui est vraiment unique, ce que moi j’ai adoré quand je suis venue au Centre National, c’est d’avoir toutes les disciplines au même endroit. On a la piste de BMX, les pistes de vélo de montagne où on peut apprendre la technique du débutant à un peu plus avancé, puis aller à la montagne pour faire de l’enduro ou du cross-country. Ensuite il y a la piste, le vélodrome qui permet de pousser dans cette discipline, et le cyclo-cross où on peut trouver pas mal de circuits aux alentours et la route aussi évidemment avec la montagne de Shefford.

5) À quoi ressemble un entraînement type dans ta spécialité?

C’est beaucoup d’entraînements de fractionné, d’intensité à la PAM (Puissance Maximale Aérobie), mais aussi de l’endurance évidemment. Que ce soit pour le cyclo-cross ou le vélo de montagne cross-country, on va travailler pas mal au niveau technique. Donc dans la semaine, il faut un peu combiner les trois types d’entraînements, et on fait quand même pas mal d’heures.

6) Qu’est-ce que le vélo t’a appris sur toi-même?

Le vélo m’a appris à être persévérante, à avoir le goût de l’effort, de travailler fort pour un certain objectif, de se fixer des buts à atteindre. De pouvoir rêver et essayer d’accomplir, d’aller jusqu’au bout de nous-mêmes. Ce sont des qualités qu’on utilise aussi après dans la vie, au travail et pour notre vie future, c’est vraiment bien.

Performance, défis et transmission

7) Une erreur que t’as faite et qui t’a beaucoup appris?

En tant qu’athlète de haut niveau, on vit beaucoup d’échecs, ça arrive. Dans le sport, on veut aller chercher la victoire puis finalement ça ne fonctionne pas, donc ça nous remet toujours en question. Ce que j’ai appris, c’est justement de gérer ses échecs, parce que ce n’est pas évident émotionnellement, puis de rebondir et retravailler pour aller chercher mon objectif. Par exemple, je n’ai pas été championne de France de cyclo-cross deux fois, ça a été difficile à vivre, mais le fait de rebondir m’a permis d’aller chercher le titre au Championnat canadien de cyclo-cross.

8) C’est quoi ton meilleur souvenir de vélo à vie?

Mon meilleur souvenir, ça serait d’avoir fait les Jeux olympiques à Pékin. C’est sûr que c’est toujours un rêve en tant qu’athlète de pouvoir vivre ça. Puis une fois qu’on y est, c’est vraiment grandiose d’être avec tous les athlètes des différentes disciplines.

9) Qu’est-ce que tu cherches à transmettre au-delà du vélo?

Moi, ce que j’aime transmettre, c’est vraiment la passion du vélo. Qu’ils aiment faire du vélo, qu’ils voient leurs progrès et qu’ils aient envie de continuer plus tard. Je trouve que ça apporte une bonne hygiène de vie aussi de faire du sport et il y a aussi l’alimentation qui vient avec. C’est un mode de vie que j’ai envie de leur transmettre. Avec les plus jeunes, c’est plus facile de leur inculquer ces habitudes pour qu’ils les gardent plus tard, mais aussi avec certains adultes qui veulent changer leur mode de vie. C’est intéressant de pouvoir les aider là-dessus.

10) C’est quoi qui te fait triper le plus dans le Cross-Country?

En vélo de montagne, ce que j’aime, c’est le côté effort et, en même temps, il faut être très technique. Ça dure quand même 1 h à 1 h 30 d’efforts. Ensuite, le cyclo-cross, ce que j’aime, c’est l’effort qui est plus court, mais on a un vélo qui n’est pas vraiment adapté à ce qu’on nous demande. Donc, quand c’est dans la bouette, quand c’est dans la neige, c’est très technique, puis on ajuste une petite section de 33 mm pour pouvoir tenir dans les virages. Ce côté glissant, j’aime vraiment ça.

11) Quelle est la partie la plus exigeante du cross-country selon toi?

La plus exigeante, c’est vraiment d’être à un haut seuil d’intensité. Dans les montées, on va se pousser vraiment à la limite, jusqu’au bout. Puis après, il va falloir être très technique avec cette fatigue qu’on va avoir dans la montée. Donc, c’est essayer de pouvoir allier les deux : être bon en montée, mais aussi être bon en descentes tout en étant fatigué.

12) C’est quoi le Club CNCB?

C’est tout nouveau, on va voir le Club CNCB qui était l’ancien Programme Endurance l’année dernière. Le lundi, ça va être de la route et le mercredi du vélo de montagne. On veut rassembler les jeunes dans un bon groupe, une bonne communauté récréative, mais aussi pour ceux qui veulent se pousser un peu plus au niveau de la compétition. Donc c’est ça, il va y avoir différents groupes de niveaux et c’est de leur apprendre vraiment à aimer toutes les disciplines du vélo. Donc, quand on parle de route, ça va être route gravel et puis, en vélo de montagne, on va toucher un peu le cross-country.

À travers son parcours et son engagement quotidien, Christel Ferrier incarne une vision du vélo où la performance, le plaisir et la transmission vont de pair. Que ce soit auprès des jeunes qui découvrent la discipline ou des athlètes qui souhaitent repousser leurs limites, elle contribue activement à faire évoluer la communauté cycliste du CNCB. Par son approche accessible et son expérience du haut niveau, elle rappelle que le vélo est bien plus qu’un sport, c’est un apprentissage continu, un mode de vie et une passion qui se partage.

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