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Ça roule avec Hugo Barrette

Originaire des Îles-de-la-Madeleine, Hugo Barrette est un athlète de vélo de piste ayant participé aux Jeux olympiques à deux reprises, à Rio en 2016 et à Tokyo en 2020. C’est à Bromont, sur le vélodrome, qu’il a découvert le vélo de piste et qu’il est tombé en amour avec cette discipline qui a profondément marqué sa carrière. Aujourd’hui ambassadeur au Centre National de Cyclisme de Bromont, Hugo met son expérience et son expertise au service de la nouvelle génération de coureurs. Dans cette entrevue, il revient sur son parcours, explique ce qui rend le CNCB unique à ses yeux et partage son désir de redonner au sport qui l’a façonné.

Ses débuts dans le monde du vélo

1. C’est quoi ton histoire avec le vélo? Comment t’es tombé dedans?

Moi, je viens des Îles-de-la-Madeleine. Quand je suis sorti des Îles, j’ai été directement introduit au vélodrome, au vélo de piste, ici à Bromont. À l’époque, il y avait un vélodrome extérieur, puis je suis tombé en amour avec la discipline. Je n’en reviens toujours pas qu’il y ait maintenant un vélodrome intérieur ici. C’est exceptionnel. C’était vraiment le rêve d’une vie, le rêve d’une carrière. Puis d’être capable d’être ici aujourd’hui avec la nouvelle génération de coureurs, de les aider, ça me fait vraiment, vraiment plaisir.

2. Qu’est-ce qui t’a amené ici, au Centre National de Cyclisme de Bromont?

Le retour ici, au CNCB, c’était juste naturel. J’ai de la famille dans les environs, j’adore l’Estrie, mais surtout, le vélodrome, c’est ici que je suis tombé en amour avec le vélo de piste. Puis, rendu à ce moment-là de ma carrière, c’était le temps de commencer à redonner et de guider la nouvelle génération de coureurs, qui ont toujours besoin d’aide. J’espère pouvoir leur transmettre ce que j’aurais aimé que des anciens du vélo me transmettent au début de ma carrière.

3. Qu’est-ce que tu trouves unique au CNCB?

Le CNCB ici, la première qualité, oui, c’est un vélodrome incroyable. C’est beau, c’est un bel espace. Mais ce qui fait vraiment la différence, ce sont les gens, le staff. C’est bien construit, le monde est excité d’être là, et ça se sent. C’est excitant, c’est le fun, c’est vraiment comme un retour à la maison, même si c’est la première fois que tu viens. C’est chaleureux, tout le monde est bienvenu!

L’entraînement et la performance au quotidien

4. À quoi ressemble un entraînement type dans ta spécialité?

Un entraînement type, c’est seulement que peu d’efforts, mais super intenses! Des efforts entre 10 secondes et une minute, mais tellement intenses que tu peux te ramasser, des fois, avec la nausée dans la poubelle à la fin, tellement tu donnes tout, tout, tout. Il y a beaucoup de récupération, entre 10 et 15 minutes, puis après ça, on recommence. Ça va vraiment vite. On fait des épreuves courtes, mais très, très rapides, à plus de 80 km/h.

5. Si quelqu’un voulait se lancer en vélo de piste, par quoi lui conseillerais tu de commencer?

Si vous voulez vous mettre au vélo sur le vélodrome, n’hésitez pas. Ça a l’air impressionnant, ça a l’air dangereux, mais honnêtement, c’est l’ultime outil pour s’entraîner l’hiver. Au lieu d’être sur Zwift, tu vas sur le vélodrome. Ce sont de belles sensations, des entraînements engageants, avec de gros groupes qui peuvent vraiment te pousser. Que vous soyez un accro du vélo ou même si vous commencez le vélo, si vous êtes dans la région de Bromont, je vous invite vraiment à venir l’essayer. Je vous garantis que vous allez aimer ça.

6. Quel conseil tu donnerais à un jeune qui commence dans le sport?

Un conseil que je donnerais à un jeune qui commence dans le sport, ce serait d’être patient. Au début, ça peut sembler comme une montagne insurmontable. Les temps, autant chez les hommes que chez les femmes, sont exceptionnels. Ça va tellement vite que tu commences, tu regardes tes performances et tu te dis : je n’y arriverai jamais. Mais avec le temps, une étape à la fois, avec des convictions et sans jamais abandonner… La plupart des gens qui ont ces convictions-là, cette passion-là, et qui ne lâchent pas, se rendre très loin.

7. Est-ce que tu as eu un moment où tu pensais abandonner?

Non jamais, je n’ai jamais pensé à abandonner le sport, j’adore m’entraîner. La plupart du monde font du vélo pour faire des courses, moi je faisais des courses, je performais dans la course, j’allais faire des médailles dans les courses, pour être capable de m’entraîner à temps plein. Donc, c’est un peu le contraire de la plupart, mais ça fait en sorte que j’aime vraiment ma vie parce qu’à chaque jour tu t’entraînes, puis je me sens super chanceux d’avoir été capable d’avoir une pleine carrière, avec du succès dans ce que j’aime. À chaque jour je me présente, je suis passionné de vélo, mais je suis passionné d’entraînement. Puis en ce moment j’essaie de redonner ça aux gens qui s’entraînent avec moi.

8. T’as une collation préférée à l’entraînement?

Je ne mange presque jamais à l’entraînement. Mais si je manque vraiment d’énergie, peut-être des jujubes ici et là. Il y a toujours des athlètes, les coureurs d’endurance ont toujours un peu de bonbons que je mange, mais c’est très, très rare, j’aime plutôt mieux juste manger beaucoup à la fin.

Redonner au sport et à la communauté

9. Qu’est-ce que ça signifie pour toi d’être ambassadeur du CNCB?

Pour moi être ambassadeur au CNCB c’est un no-brainer, ça vient naturellement. Je le fais parce que j’adore le vélo, j’adore le vélodrome, ça été mes départs ici. Mais c’est d’encourager cette espace-là, pis d’être là, faire partie de la communauté et d’aider quelqu’un qui m’as tellement aidé dans ma carrière, qui est Nicolas Legault, qui est le cœur du vélodrome. N’importe quand je vais être là pour aider parce que le vélodrome a été là à tous les étapes de ma carrière, il a été là pour m’aider sans hésitation.

10. À quoi ressemble ta routine de musculation? Comment ça l’aide dans le vélo?

Ma routine de musculation, je fais 3 à 4 séances de musculation par semaine. Ça aide dans le vélo parce qu’on essaie de lever de grosses charges, de devenir plus fort. Puis sur le vélo, quand tu pousses sur les pédales, tu produis de la puissance. C’est le résultat de la vitesse et de la force, donc c’est une composante super importante dans le vélo, d’être fort. Et de plus en plus chez les coureurs d’endurance aussi, parce qu’on le voit dans le Tour de France, avec des Tadej Pogačar, etc. Ce sont des puissances énormes qui produisent. Ces gars-là sont forts physiquement, donc ils font de l’entraînement en salle. L’entraînement en salle, ce n’est plus seulement pour les athlètes de sprint, mais aussi du côté de la route.

11. Est-ce qu’il y a des différences dans les entrainements de musculation pour les gens de sprint?

Oui, ça diffère, c’est sûr qu’il y a moins de loads, il y a beaucoup moins d’entraînements. Plutôt que d’aller vers des énormes charges, c’est plus de l’activation, être sûr que tes muscles sont forts, mais aussi bien conditionnés, de la mobilité, ça englobe tout ça. Tout ce qui est condition physique, conditionnement physique, prévention des blessures aussi, qui est vraiment essentiel, surtout pour le monde qui s’entraîne en route et en mountain bike, ou même sur la piste d’endurance. Il y a beaucoup de crash, c’est inévitable, donc si tu sais que tu vas tomber, prépare-toi à être solide quand tu tombes.

12. C’est quoi ton message à ceux qui hésitent à essayer une discipline?

Je comprends que c’est intimidant de monter sur le vélodrome parce que c’est impressionnant, il y a des gros angles, mais je peux vous dire que ce sont de belles sensations. Moi, j’en vois ici à chaque jour ou presque, des enfants de 7-8 ans, sans problème, le faire. N’hésitez pas, on a du monde, du staff super qualifiés qui vous introduisent et qui vont à la vitesse à laquelle vous voulez aller vers le vélodrome. Puis, une fois que t’es capable de monter sur le vélodrome, on va par étapes. Puis, une fois que t’as fait tes deux cours d’introduction, t’es vraiment prêt à venir ici n’importe quand. Je vous le dis, n’importe qui qui s’entraîne sur Zwift, venez faire vos introductions, pis quand vous avez à faire un 2, 3, 4 heures de Zwift, venez juste sur le vélodrome, vous allez aimer bien mieux ça.

À travers son parcours, Hugo Barrette démontre que le vélo de piste est avant tout une histoire de passion et de constance. Animé par l’envie de partager ce que le sport lui a donné, il accompagne aujourd’hui les coureurs avec la même intensité qu’il mettait autrefois à performer. Au CNCB, il inspire par son authenticité, son énergie et son profond attachement à la communauté cycliste.

Pour visionner la capsule vidéo : https://www.instagram.com/reel/ca-roule-avec-hugobarrette