26Mar

Ça roule avec Alexandra Laforest

Originaire de Boisbriand, Alexandra Laforest est kinésiologue et entraîneure de BMX au Centre National de Cyclisme de Bromont. Elle joue un rôle clé dans la préparation physique des athlètes tout en contribuant au développement du Club CNCB de BMX. À travers son parcours, Alexandra incarne une approche accessible et motivante du sport, où le dépassement de soi, la constance et le plaisir de bouger occupent une place centrale. Dans cette entrevue, elle revient sur son cheminement, partage sa vision de l’entraînement et explique pourquoi bouger, peu importe son niveau, est essentiel.

De la découverte à la passion

1. Peux-tu te présenter en quelques mots?

Moi, c’est Alexandra Laforest, kinésiologue et coach en BMX au Centre National de Cyclisme de Bromont. Ici, au CNCB, mon rôle, c’est la préparation physique, la gestion du club de BMX et aussi quelques projets en BMX freestyle. Je viens de Boisbriand et j’ai aménagé ici pour le travail quand la zone freestyle a ouverte.

2. Pourquoi est-ce que tu as choisi de devenir entraîneure?

Honnêtement, je me suis inscrite à l’université et je ne savais pas ce qu’était la kinésiologie en tant que telle. Je m’en allais en médecine sportive et je me suis dit : « Ça va être un cheminement pour augmenter mes notes et rentrer en médecine par la suite. » Puis finalement, je me suis dit : « C’est l’fun d’entraîner du monde, de leur amener un dépassement de soi. » Donc au début, je faisais vraiment juste de la préparation physique, puis quand j’ai commencé à faire du BMX, je suis venue ici et j’ai participé à l’inauguration de la zone freestyle. Par la suite, ils m’ont dit qu’ils cherchaient une kinésiologue, c’est ainsi que je suis devenue entraîneure de vélo.

3. Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler ici, au Centre National de Cyclisme de Bromont?

C’est vraiment l’atmosphère. Tu rentres ici et tu as autant des enfants qui font de l’initiation sur la pumptrack, des personnes un peu plus âgées qui jouent au pickleball, des gens sur la piste, dans la zone freestyle. Donc ça vient rassembler toutes les communautés de vélo au même endroit, puis aussi toutes communautés confondues. Il y a aussi des gens qui marchent sur la piste d’athlétisme et tout ça. Donc, c’est vraiment l’atmosphère qui m’a donné le goût de travailler ici.

De la performance au bien-être au quotidien

4. Pourquoi la préparation physique est-elle importante pour les cyclistes ou les sportifs en général?

Oui, il y a la performance et tout ça, mais aussi la prévention des blessures. Dans tous les sports, il y a un patron moteur qui est répétitif, donc si tu ne viens pas t’entraîner en musculation, tu viens tout le temps activer les mêmes muscles. Donc la préparation physique, c’est de venir chercher l’ensemble du corps et, après ça, on va aller chercher la performance en optimisant les mouvements dans ces patrons moteurs-là. Si tu viens me voir en kinésiologie, au début, ça va être vraiment du renforcement global, des stabilisateurs et tout ça, pour être sûr que tu ne compenses pas dans ta vie de tous les jours, puis de bien vieillir. Oui, c’est important de performer dans ton sport, mais pour la majorité du monde, ils n’iront pas aux Olympiques. Donc c’est d’être capable de bien bouger dans ta vie de tous les jours, puis de continuer tes hobbies et tes sports pour toujours.

5. La préparation physique pour le Club CNCB de BMX est une nouveauté cette année au CNCB. Peux-tu nous en parler?

C’est nouveau cette année qu’avec le BMX race, on va avoir de la préparation physique. Durant le cours, on sépare le groupe en deux, donc une moitié du temps, on fait de la musculation à la salle le mercredi. Sinon, on fait des entraînements un peu plus fonctionnels sur la piste d’athlétisme. Puis avec les tout-petits (5 à 10 ans), je ne leur fais pas faire de la musculation, c’est plus du jeu, mais à travers le jeu, il y a de la pliométrie, des sauts, de l’équilibre, du gainage. Donc ils ne s’en rendent pas compte, mais ils font une introduction à la musculation à travers des jeux, et les jeunes aiment vraiment ça. Ça rajoute aussi un peu de rigueur à tout ça. Le fait que la moitié du cours on fait de la musculation, on est plus focus, et après ça, l’autre moitié, on est sur la pumptrack, ça ajoute un peu de sérieux aux entraînements.

6. Peux-tu nous expliquer c’est quoi les Petites Marches de Marguerite?

Chaque lundi de 10 h 30 à 11 h 30, on a accès à la piste d’athlétisme au Centre National de Bromont. On vient marcher pendant une heure ou moins, c’est vraiment chacun à son rythme, il n’y a pas de pression. Il y a tout le temps un kinésiologue, soit moi, un stagiaire ou une autre personne au centre qui est là pour répondre à vos questions. Donc si jamais tu as mal au dos, aux genoux ou quoi que ce soit, on est là pour vous écouter, vous donner des exercices et tout ça. C’est de la marche, avec un service de kinésiologie sur place, puis c’est gratuit, toujours gratuit!

7. Qu’est-ce qui rend cette activité spéciale pour les participants?

C’est vraiment la communauté qui se crée tranquillement. Il y a quand même beaucoup de monde qui viennent, puis ils se parlent tout le long de la marche, ils apprennent à se connaître. Aussi, c’est le même groupe qui se suit, notamment lors des déjeuners communautaires le vendredi, donc ce sont souvent les mêmes bénévoles qui sont ensemble. C’est le fun de voir que ça les rend actifs.

Transmettre au-delà du sport

8. Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut commencer à bouger ou se remettre en forme?

Mon conseil numéro 1, c’est d’y aller avec la constance au-dessus de la perfection. Donc choisir quelque chose que tu vas faire et que tu sens que tu vas être capable d’accomplir. Par exemple, si tu aimes ça marcher, prends-toi 15 minutes, une journée sur deux au début. Puis, avec le fait que tu adhères à cet objectif-là, tu vas être capable d’augmenter ton temps d’activité physique et d’ajouter d’autres types d’activités. Commence avec quelque chose que tu aimes, qui est « facile », puis après ça, une fois que l’habitude est créée, tu en rajoutes et ça va juste devenir une habitude.

9. Qu’est-ce que tu espères transmettre au-delà du sport?

C’est vraiment le dépassement de soi, puis aussi de ne pas avoir peur d’être mauvais dans quelque chose. Dans le sens que quand tu commences un nouveau sport, tu ne seras pas le meilleur dans cette discipline-là. Moi ça fait 2 ans et demi à peu près que je fais du vélo ; je n’en avais jamais fait avant et maintenant j’encadre le BMX. Mon but avec ça c’est vraiment de transmettre que je suis une fille et que je peux commencer un nouveau sport à prédominance masculine sans avoir peur d’être moins bonnes que les autreset se donner à 100% là-dedans. Je le vois avec les filles de BMX race que ça allume une petite flamme  : « Ok Alexandra ça ne fait pas longtemps qu’à en fait, elle se débrouille bien, mais surtout elle se dépasse, elle se pousse au-delà de ses limites pis elle n’a pas peur d’être moins bonnes qu’un autre petit gars de 15 ans ». En préparation physique, c’est de montrer des saines habitudes de vie puis de bouger dans toutes sphères, pas juste en musculation par exemple.

10. Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton rôle d’entraîneure?

C’est la variété de mes clients, le fait que je peux entraîner autant des sportifs, des jeunes, des personnes un peu plus âgées, du privé, du groupe… j’ai vraiment une belle variété. Moi, je suis quelqu’un que si je fais tout le temps la même chose, je vais me tanner. Donc le fait d’avoir une diversité dans ma clientèle, ça me garde motivée et engagée, donc je vais toujours avoir une réflexion constante sur mes interventions, c’est ça que j’aime le plus ici.

À travers son parcours et son implication au CNCB, Alexandra Laforest incarne une vision du sport accessible, où le dépassement de soi, la constance et le plaisir de bouger occupent une place centrale. Que ce soit à travers la préparation physique, le BMX ou les initiatives qu’elle met en place, elle contribue à accompagner des personnes de tous âges vers un mode de vie plus actif. Par son approche humaine et motivante, Alexandra rappelle que l’important n’est pas d’être parfait, mais simplement de commencer… et de continuer.

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