27Mai

Ça roule avec Dirt Jump Bromont

Dirt Jumps Bromont, c’est cinq passionnés qui travaillent ensemble à développer et entretenir un endroit unique au Québec. Porté par l’esprit de communauté, le projet repose autant sur le plaisir de rouler que sur le travail collectif derrière chaque ligne. Dans cette entrevue, Félix Côté-Bouvette revient sur la naissance du comité, explique ce qui rend cette discipline si particulière et partage la vision du groupe pour faire grandir ce sport et transmettre cette passion à la relève. 
  1. Présente-toiquelques mots? 
Moi c’est Félix Côté-Bouvette, je fais partie du Comité Dirt jumps ici au CNCB. On est un trail crew de cinq gars passionnés qui creusent des bosses depuis quelques années ensemble. On essaie vraiment de faire un beau trail pour que tout le monde puisse venir en profiter avec nous ! 
  1. Pour ceux qui ne connaissent pas, qu’est-ce quele Dirt Jumps? 
Le Dirt jumps, c’est un enchaînement de sauts à travers le bois. Ce qu’on essaie de faire, c’est de s’immiscer à la nature, passer à côté des arbres, créer des obstacles, des sauts pour naviguer à travers la forêt. C’est très cool parce que ça peut être très large comme utilisation. Il y a des gens qui veulent faire des tricks sur les sauts, d’autres qu’ils veulent juste passer au travers de la ligne.  
  1. Comment le projet du comité a-t-ilcommencé
Le projet a débuté en 2019. Samaël Piché et notre pote « Hibou » ont fait la première version. Ç’a été actif pendant quelques années, pis après ça s’est estompé un petit peu. Nous, on a décidé de reprendre l’année passée. On avait cette idée-là ensemble de donner une deuxième vie à ce spot-là qui est exceptionnel, pour essayer de redonner un petit peu aux Québécois. Ce ne sont pas des choses qui existent ici, c’est à travers les voyages aux États-Unis qu’on s’est dit : « pourquoi ne pas amener ça chez nous. »
  1. Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans cette discipline?
C’est très communautaire. On passe beaucoup de temps ensemble, c’est beaucoup de maintenance, donc il faut que ça se passe en groupe. En fin de compte, ça devient un peu une deuxième famille. On se voit ici au Centre, on se voit en dehors, on est des amis, on construit les sauts puis après ça, on roule ensemble.  
  1. Pourquoi le CNCB était-il la bonne place pour bâtir? 
Les valeurs du Centre sont vraiment alignées avec ce genre de projet-là. Le CNCB, c’est un centre de vélo multidisciplinaire et, avec l’arrivée de la Zone Freestyle, ça faisait un lien naturel avec ce qu’on fait : des sauts et du freestyle. Le timing était parfait : le bol arrivait, nous autres, on relançait le projet et le Centre a embarqué. En plus, on peut le faire légalement, ce qui est rare dans le monde du Dirt Jump, grâce aux assurances du Centre. Cela fait en sorte qu’on n’a pas à se cacher au fond du bois. C’est vraiment une occasion unique, parce que ce genre d’infrastructure-là, c’est niché pis il y en a très peu. 
  1. Est-il possible de créer une autre infrastructure Dirt Jump sans être associé au CNCB? 
En vrai, pas vraiment. C’est une histoire de passion, il n’y a pas tant moyen de rendre ça rentable, surtout quand tu comptes toutes les heures qu’on met là-dedans. Ce n’est pas ça le but, de toute façon. C’est un projet bénévole qu’on a monté à cinq, avec l’idée de créer quelque chose que tout le monde peut utiliser, et que ça devienne un plus pour le Centre. Le plus important, c’est d’avoir un spot pis de passer du temps ensemble. Il y a d’autres places qui ont déjà essayé, mais c’est trop dur à justifier comme infrastructure, pis c’est quand même compliqué à gérer. 
  1. Qui peut venir donner un coup de main pour creuser et entretenir les lignes?  
Tout le monde peut venir donner un coup de main. Que ce soit pour creuser ou pour entretenir les sauts, on prend toute l’aide qu’on peut, c’est certain. La page Dirt Jump Bromont est active et on annonce toutes les sessions, autant pour creuser que pour rouler. 
On ne va jamais refuser quelqu’un qui veut venir nous aider ou apprendre comment travailler la terre, shaper les sauts et comprendre tout le processus. C’est vraiment une histoire de communauté. On met énormément d’efforts là-dedans pour offrir le meilleur endroit possible à tout le monde. 
  1. Au-delà de la discipline en tant que telle, qu’est-ce que vous voulez transmettre avec le comité?
À la base, ce qu’on veut, c’est que ça soit ici le plus longtemps possible. C’est pour cette raison qu’un jour, ça va nous prendre de la relève. On essaie le plus possible d’inclure les jeunes cette année. On a plein de projets et plein d’idées pour organiser des petites soirées, pour de plus en plus inclure le monde justement. Cette année, on fait une ligne de sauts plus facile pour rendre ça plus accessible pour tout le monde.  
Ce qu’on veut, c’est que ça perdure. Donc, si on est capable d’inspirer les jeunes à trouver ça cool, à venir creuser un petit peu avec nous, à prendre de l’expérience, pour ensuite vouloir amener de nouvelles affaires, on va être très contents. Moi et mon équipe en parlions justement l’autre jour. On attend juste que des jeunes viennent nous dire : «je veux construire ci, je veux construire ça, je veux faire ça de même, j’ai eu cette idée-là hier, je pensais à ça, on pourrait faire telle et telle chose.» 
  1. Où voyez-vousle comité dans 5 ans? 
Qu’il y ait beaucoup plus de sauts dans le bois et que ça perdure. On veut que ça soit un spot qui soit reconnu et d’avoir de la reconnaissance de façon internationale. Ce serait bien de voir les meilleurs rider au monde qui débarque à Bromont.  
  1. Il y a des compétitions reconnues dans cette discipline? 
Il n’y a pas vraiment une compétition. La communauté a commencé à faire des événements de style triple challenge, mais c’est juste pour le plaisir. En gros, il faut faire la ligne le plus rapidement possible en même temps de faire les plus belles figures. Une note est attribuée avec la moyenne des deux. Il n’y en a pas beaucoup puisque les spots sont un peu cachés dans le bois, puisqu’ils n’ont pas techniquement le droit d’être là. Normalement, c’est plus en format de jam parce qu’il n’y a pas d’annotation, il n’y a pas rien d’officiel. Quand on fait des jams, on donne des prix, mais c’est subjectif. C’est là qu’il y a la plus belle énergie. Si on essaie juste d’inclure un peu tout le monde, c’est pour faire en sorte que ça soit agréable, puis que ça donne un bon spectacle. Parfois, juste faire la ligne ou voir quelqu’un qui est en train de la faire, c’est déjà intéressant. 
  1. Votre meilleur souvenir de vélo à vie?
La première fois qu’on est allés à Catty Woods en 2023, on a débarqué là-bas… on était cinq ou six gars, si je ne me trompe pas. Puis ça a tout changé pour nous autres à partir de ce moment-là. Ça a été une semaine complètement folle. On a découvert un spot reconnu mondialement, caché dans le fond du bois, dans une ville qui s’appelle Catasauqua, en Pennsylvanie. Il n’y a rien là-bas, mais tu rencontres des personnes qui sont passionnées à un niveau indescriptible. Après ça, c’est déstabilisant quand tu arrives là-bas. Il y a 150 sauts dans la forêt, tout est gros, tout est beau, tout se passe bien, tout roule bien. Ça a vraiment changé notre vision des choses. 
Pour visionner l'entrevue, cliquez ici! : https://www.instagram.com/p/DY3BnQJjaAI/